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FOREST_Alex
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France
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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 20:08 (2008) Répondre en citant Revenir en haut

Saint Malo, 10h00, dimanche 7 septembre 2008, Hiroko OKIYAMA donne le départ de la première édition des 1000 km de France.

Beaucoup d'appréhension et d'inconnu au départ de cette épreuve presque expérimentale, 1000 km non stop à parcourir en moins de 12 jours, c'est la plus longue course en ligne non stop organisée en Europe à ce jour.

Nous sommes 23 coureurs d'ultra aguerris à prendre le départ de cette épreuve de Saint Malo. Et parmi ces 23 coureurs, 6 dont moi partons sans assistance, c'est à dire avec sac sur le dos. Mon sac pèse entre 6kg et 8kg, il contient du linge pour 12 jours, 2 bidons d'eau de 75cl, 2 portables, 2 frontales, 1 road book et 1 carnet de pointage, 2 couvertures de survie, un peu de ravitaillement de survie en cas de problème, et un peu d'argent pour me ravitailler dans les villages traversés.

Jean Benoit JAOUEN (JBJ), l'organisateur de l'épreuve, nous a annoncé ses prévisions lors du briefing la veille : il prévoit au maximum entre 10% et 20% de finishers, aucun finisher parmi les 6 sans assistance, et aucun coureur en moins de 10 jours.

Nous partons tranquillement en longeant le bord de mer, direction le Mont saint Michel, en compagnie de Raymond BRANDHONNEUR, qui nous ouvre la route sur les premiers km.
Nous restons groupés la première heure, puis progressivement le peloton commence à s'étirer doucement. Je passe à Cancale (km 21), sur la ligne de départ du marathon du Mont Saint Michel, en 2h20.

En cette première journée, je profite de l'assistance des autres coureurs pour me ravitailler, essentiellement en eau.
Je cours tranquillement à environ 8km/h et je navigue vers la 8e/10e position.

Je passe le km 50 en 5h58, en compagnie de Stéphane SPILOTROS et Marc FRAYE.
Stéphane, impressionné par le sac que j'ai sur le dos, me dit en plaisantant que si je franchis la ligne d'arrivée, il se prosternera devant moi la prochaine fois que l'on se verra.
Il tiendra parole et se prosternera devant moi 11 jours plus tard, au moment où il franchira la ligne d'arrivée.

Je fais demi tour au pied du Mont Saint Michel (km 63) à 17h39, soit 5h20 pour effectuer le parcours du marathon du Mont Saint Michel. Je pointe en 10è position à 40mn des premiers.
Hiroko et Philippe FAVREAU sont là pour nous encourager.

Voilà, désormais on attaque la dernière ligne droite, c'est plein sud jusqu'à l'arrivée à Sète.

Je croise JBJ qui me demande à quel endroit je compte dormir. Je lui réponds en souriant que je n'ai pas l'intention de dormir cette nuit. Je souhaite gérer cette Mil'Kil comme une épreuve de 6 jours, donc pas question de dormir la première nuit.

Je poursuis donc ma route tranquillement.

J'arrivé à Saint James (km 83) vers 20h30, à la tombée de la nuit. Je trouve Laurent, l'assistant de Xavier SERVEL. Il me fait le plein de mes 2 bidons et m'offre un verre de coca. Je sors ma frontale, enfile mon gilet fluo et m'apprête à plonger dans cette première nuit. Au moment de repartir, Laurent me dit ces quelques mots très sympas, auxquels je repenserai souvent pendant la course : "Bonne route, sois prudent, n'oublies pas que tu vas bientôt être papa"…

Désormais, pendant la nuit, je progresse essentiellement en marchant, je ne cours que dans les portions descendantes ou éventuellement sur quelques centaines de mètres pour me réveiller.

Vers 22h00, une voiture me rattrape et s'arrête à ma hauteur. C'est JBJ qui me demande si tout va bien, me rappelle les prochaines villes à traverser et me dit qu'il va flécher le parcours jusqu'à Craon (km 173).

Je passe le 100e km vers 23h30, soit 13h30 de course. Je traverse Fougères (km 105) vers 0h30, tout est calme. J'apprendrai plus tard que c'est à partir de Fougères que je prends la tête de la course, le dernier coureur s'étant arrêté pour dormir s'est arrêté ici.

Je continue tranquillement toute la nuit, je ne vais quasiment plus croiser de signe de civilisation jusqu'à Vitré (km 133), que je traverse à 5h00 du matin.

Peu après Vitré, j'entre dans une zone d'épais brouillard, l'air devient très frais et humide, de plus, la circulation commence à s'intensifier avec de nombreux poids lourds, j'ai hâte que le jour se lève.

Le jour se lève enfin vers 7h00, quand j'arrive à Argentré du Plessis (km 144). A partir de là, débute une succession de longues lignes droites interminables, avec pas mal de circulation, notamment des poids lourds.

Un peu plus loin, je retrouve JBJ. Il m'invite à m'arrêter dans le prochain café à Cuillé (km 150), où il m'attendra avec croissant et pain au chocolat. Malheureusement, le lundi étant "jour férié" en France, la boulangerie est fermée et je me contenterai d'un jus d'orange.

15 mn de pause, puis je repars jusqu'au prochain village de Gastines (km 157) où j'effectue mon premier pointage dans le bar du village à 10h00. J'en profite pour me mettre en short et tee-shirt, car le soleil commence à bien chauffer.

Je continue tranquillement mon chemin jusqu'à Craon (km 173) que j'atteins vers 13h00. J'appelle May pour l'informer de ma position et lui dire que tout va bien . elle me transmet de nombreux encouragements qui affluent des divers forums. Cela me motive beaucoup.

Par contre, petite inquiétude, les deux boulangeries de Craon sont fermées, et je commence à avoir bien faim, car je n'ai quasiment rien mangé depuis le départ de la course. Je continue donc ma route en espérant trouver rapidement à manger.

Désormais, le parcours n'est plus balisé, car JBJ est retourné derrière moi pour voir les autres coureurs. J'avance donc sans flèchage, uniquement en suivant le road book.

Rien d'intéressant à signaler jusqu'à Segré (km 193), hormis les interminables lignes droites et les nombreux poids lourds qui me couchent sur le bas côté à cause de l'appel d'air créé.

J'entre dans Segré (km 193) vers 17h00 et j'aperçois un Super U à 300m du parcours. Je fonce m'acheter à manger, j'ai trop faim ! Je m'achète du pain, du fromage, un chausson aux pomme, un croissant aux abricots et une bouteille de gini. Je reviens sur le parcours et je m'assois sur le trottoir pour manger.

Au moment où je finis de manger et m'apprête à repartir, JBJ me rattrape et s'arrête à ma hauteur. Il va de nouveau flécher le parcours devant moi, je peux donc ranger mon road book. En sortant de Segré, je passe devant une boulangerie et j'en profite pour m'acheter mon repas du soir : panini 4 fromages, tartelette au citron et orangina.

Je continue doucement jusqu'à Marans (km 200) où JBJ m'attend. Je passe le 200e km à 19h10. JBJ me propose alors de prendre mon sac dans sa voiture. Après quelques secondes d'hésitation, j'accepte, car j'ai bien mal à l'épaule droite, mon sac pèse très lourd. JBJ me rappelle que les 17 coureurs assistés ne portent pas de sac, et qu'il va rester avec moi toute la nuit pour m'ouvrir la route puisque je suis en tête et que les autres coureurs dorment.

Je me sens beaucoup plus léger maintenant et j'effectue les 5 km suivant en courant. J'arrive à Vern d'Anjou (km 205) vers 20h00 et je m'arrête pour manger mon repas acheté à Segré. Ensuite, j'enfile ma tenue de nuit, frontale, gilet fluo, collant, puis je repars. JBJ me rappelle les prochains villages à traverser, il va me flécher jusqu'à Chalonnes sur Loire (km 234) et il m'attendra là-bas.

La nuit, tout redevient très calme, les lieux éclairés se font rares. Je marche tranquillement à environ 5-6 km/h.

A partir de Saint Georges sur Loire (km 227), on récupère le parcours de la Transe Gaule, mais de nuit, je ne verrai rien. Je commence à m'endormir. On franchit la Loire par trois grands ponts et JBJ m'attend à la sortie du 3e pont. Il est 2h00 du matin. Je réveille JBJ et lui dis que je m'arrête dormir 2h00. je mets mon alarme à 4h00, mais je ne l'entendrai pas, et me réveillerai un peu après 5h00.

Je repars vers 5h20. Démarrage en montée sur environ 5 km pour rejoindre les crêtes des coteaux du Layon. Tout va bien, je fais toute cette montée en courant.

J'arrive à Beaulieu sur Layon (km 248) vers 7h30 et JBJ m'attend dans un bar avec croissant et pain au chocolat. 15 mn de pause, puis je repars tranquillement jusqu'à Thouarcé (km 258) où j'arrive peu avant 10h00. JBJ m'annonce qu'il va faire tamponner mon carnet de pointage, puis il va retourner en arrière pour voir les autres coureurs. Je me mets en short et tee-shirt car il fait beau et chaud. JBJ me confirme que la météo locale annonce un grand beau temps pour toute la journée.

Je repars donc avec un sac allégé, sans aucun vêtement de pluie, juste le nécessaire me permettant d'être autonome pendant la journée.

Je continue jusqu'à Martigné-Briand (km 265). Je passe devant une boulangerie, fermée tout le mois de septembre. Je continue 300 m, c'est déjà la sortie du village. La prochaine ville étant à 13 km, il faut que je trouve à manger ici. Je reviens donc en arrière et m'engage vers le centre ville. Je trouve une épicerie avec dépôt de pain. Je demande à l'épicière si elle vend des sandwichs déjà prêts. Elle me répond : "Non, à qui voulez-vous que je vende ça ici?". Tant pis, je vais acheter du pain et du fromage. Je regarde le "large" choix de fromages : il y a du brie et du saint nectaire et rien d'autre. Bon, ok, j'achète du brie et du saint nectaire et rien d'autre. Je repars vers 12h00 en marchant tranquillement et en mangeant mon pain et mon fromage.

Le ciel s'assombrit. Et à peine je finis de manger que les premières gouttes se font sentir. J'appelle May vers 13h00 pour lui dire que tout va bien, il pleut et je n'ai pas de vêtement de pluie. Elle m'annonce que grâce à une connaissance, je vais pouvoir prendre une douche à Montreuil Bellay, chouette, je n'étais pas assez mouillé. J'appelle aussi JBJ, il me réchauffe en me disant que derrière il fait beau, suffisait juste d'aller moins vite.

La pluie cesse finalement vers 14h00. J'arrive à Doué la Fontaine (km 278) vers 14h30, à cet endroit, le road book indique "Ici débute l'Enfer. Circulation importante et nombreux poids lourds jusqu'à Loudun (km 314)"

En sortant de Doué, une voiture s'arrête à ma hauteur. C'est Jacques, un des responsables de la base de loisirs de Montreuil Bellay, qui me confirme qu'il m'attend là-bas pour prendre une douche. JBJ me rattrape un peu plus loin et m'attendra là-bas lui aussi.

J'arrive à Montreuil Bellay (km 290) à 17h00. Je retrouve JBJ ainsi que Jacques qui m'attend en compagnie d'un journaliste. On fait une photo, puis je file à la base de loisirs prendre une douche. Ensuite, je me détends un peu. Le journaliste me pose quelques questions et Jacques m'offre à boire. Je m'accorde 1h00 de pause réparatrice. Et je repars à 18h00. En traversant Montreuil Bellay, je m'arrête dans une boulangerie et achète une part de pizza aux fromages pour le repas du soir. Retour en Enfer à 18h30. La pause m'a fait du bien et je me remets à courir. Mais ma course est sans cesse interrompue à chaque fois que je croise un poids lourd. L'appel d'air créé m'oblige à me coucher dans le bas côté. Heureusement, la nuit tombe et la circulation diminue peu à peu.

JBJ, qui était reparti en arrière voir les autres coureurs, me rattrape peu avant Loudun. Vers 22h30, je lis sur le sol "Fin de l'Enfer", ouf!!!
Je suis à Loudun (km 314). Je retrouve JBJ et décide de m'arrêter pour dormir 1h00. Je lui demande de me réveiller au plus tard à minuit.

Je repars donc à minuit. Au moment de repartir, une voiture de police s'arrête à notre hauteur et nous demande ce que l'on fait là. JBJ leur explique qu'il s'agit d'une course… JBJ part devant moi et me dit qu'il m'attendra à Orches, 26 km plus loin, afin d'avoir un peu de temps pour dormir.

La nuit est très clame, je ne croiserai aucune voiture entre 0h00 et 5h00 du matin. Tous les villages sont déserts, même l'éclairage municipal a été éteint. Hormis quelques vaches, je ne croiserai pas un signe de vie de toute la nuit.

J'arrive à Orches (km 340) vers 5h00 et j'entre dans la voiture où JBJ dort. Je m'assois 5 mn, je me ravitaille un peu, puis je repars tranquillement. JBJ me rattrapera 2h00 plus tard, au lever du jour, du côté de la Perrière Gaudeau (km351).

Je continue doucement jusqu'à Châtellerault (km 360), où j'arrive vers 9h00. JBJ m'apporte croissant et pain au chocolat et marche un peu avec moi dans Châtellerault. Je traverse la Vienne sur le pont Henri IV. JBJ s'arrête pour faire tamponner mon carnet de pointage.

Je continue jusqu'à Targè (km 364). Philippe et Hiroko nous ont rejoint et désormais ils vont m'assister, ce qui permettra à JBJ de rester derrière pour suivre tous les autres coureurs.

Je continue tranquillement en alternant marche et course en fonction du profil qui commence à devenir vallonné. Je passe à Pleumartin (km 380) vers 13h00, Philippe et Hiroko m'attendent à la terrasse d'un café. Je m'arrête pour boire un orangina et prendre une glace, le soleil chauffe bien et c'est très appréciable.

Quelques kilomètres plus loin, une voiture s'arrête à ma hauteur et m'encourage. Il me prend en photo et me propose de l'eau fraîche, que j'accepte volontiers. Je reste cependant très surpris, car je ne connais pas cette personne. J'apprendrai plus tard qu'il s'agissait d'un entraîneur du club de Châtellerault qui suivait la course sur internet et qui proposait une douche à tous les coureurs, mais moi, je suis passé trop tôt.

J'arrive à Angles sur l'Anglin (km 393) vers 16h00 et je retrouve Philippe et Hiroko au café de la Place où JBJ m'a conseillé de m'arrêter pour manger. Mais évidemment, aujourd'hui, il ne leur reste plus rien à manger et je devrai me contenter d'une glace et d'un orangina.

Je repars tranquillement. Je passe le km 400 à 18h00. Je demande alors à Philippe d'aller jusqu'au prochain village à Le Blanc (km 410) et de me commander une pizza 4 fromages dont je rêve depuis un certain temps. Je commence à vraiment fatiguer, j'ai faim, et les derniers km avant d'arriver à Le Blanc me semblent interminables.

J'arrive enfin à Le Blanc (km 410) à 20h00. Philippe et Hiroko m'attendent avec une pizza toute chaude, que j'avale avec un immense plaisir. Mais je suis tellement crevé qu'à peine ma pizza terminée, je m'assois dans le camping car et m'endors aussitôt.

Je dors 2h00 et redémarre vers 22h30. J'appelle May et je continue en marchant tranquillement. JBJ me rattrape vers minuit du côté de Mauvières (km 417), permettant à Philippe et Hiroko de s'arrêter dormir. JBJ me rappelle les prochains villages à traverser et me dit qu'il m'attendra à Chaillac (km 444), soit 26 km plus loin.

Cette nuit est très sombre, on traverse de profondes forêts et toujours aucun signe de vie, les villages fantômes se succèdent. Parfois, j'entends des bruits dans le forêt, j'aperçois des paires d'yeux qui brillent, franchement rien de très rassurant. J'ai hâte que le jour se lève !

J'arrive à Chaillac (km 444) à 5h00. Je traverse le village doucement, mais je ne trouve pas JBJ. Je suppose qu'il est arrêté un peu plus loin, donc je continue. Seul problème, je n'ai pas le road book et je ne connais pas le parcours. Je me souviens vaguement que l'on doit passer à Beaulieu. Donc je suis la direction de Beaulieu (km 451) que j'atteins vers 6h30. Le jour va se lever, mais je n'ai toujours pas trouvé JBJ. J'essaye de le joindre mais il n'y a pas de réseau. Et les rares fois où je trouve un peu de réseau, JBJ ne répond pas.

Je continue au hasard, sans savoir vraiment où aller. Par chance, le jour se lève et je commence à apercevoir quelques flèches de la Transe Gaule. J'arrive au lieu dit Champagnac (km 455) vers 7h00. Et miracle, j'aperçois 2 petites flèches qui m'indiquent de quitter la route principale et de prendre une minuscule route communale sur la droite.

600 mètres plus loin, j'arrive à une fourche avec absolument aucune indication. J'essaie d'appeler JBJ mais toujours pas de réseau. Je choisis complètement au hasard de prendre à gauche, ça me semble être le sud et puis j'aperçois un micro morceau de rubalise dans une branche.

J'arrive à Saint Georges des Landes (km 458) et enfin je retrouve des flèches de la Transe Gaule. Je continue jusqu'à Saint Sulpice les Feuilles (km 461) où j'arrive vers 8h00. J'aperçois une boulangerie ouverte, j'ai très faim, mais je n'ai pas de sous pour acheter à manger.

J'essaie une énième fois de joindre JBJ et enfin il me répond. Je l'informe de ma position, il n'en revient pas, comment ai-je pu arriver jusqu'ici sans balisage ni road book? Il me raconte qu'il s'est endormi à Chaillac et qu'il vient à l'instant de se réveiller. Et ce sont les gendarmes qui l'ont contraint à se garer à l'écart du parcours, car sur le trottoir où je suis passé, il gênait le passage des piétons (enfin, il gênait plutôt le passage des vaches, puisque dans la région, il y a plus de vaches que d'habitants !).

Bon, maintenant, je ne bouge plus jusqu'à l'arrivée de JBJ. Je m'allonge sur la place du village, devant la boulangerie. JBJ arrive 30 mn plus tard. JBJ m'offre deux croissants et deux pains au chocolat que je dévore aussitôt, ainsi qu'un jus d'orange au bar du village où il en profite pour faire tamponner mon carnet de pointage.

Je repars donc en pleine forme, bien ravitaillé, et avec la certitude d'être sur le bon parcours. J'avance tranquillement en marchant/courant jusqu'à La Souterraine (km 475) où j'arrive vers 12h00. Il fait beau, le soleil brille, donc tout va bien. Je retrouve JBJ, Philippe et Hiroko arrêtés au bar "Le café chaud". Ils me proposent de m'y arrêter pour manger ; je m'arrête donc 30 mn, le temps de manger un bon croque monsieur. Puis je m'achète une glace et je repars tranquillement.

L'après-midi se passe bien, on emprunte désormais des petites routes de campagne très calmes, on commence doucement à prendre un peu d'altitude, on approche de la mi-parcours, on tient le bon bout. Seul petit problème, quelques nuages noirs font leur apparition.

J'arrive à Bénévent l'Abbaye (km 496) vers 17h00. JBJ est arrêté devant une épicerie et il me conseille d'acheter ce dont j'ai besoin, car après on ne retrouvera plus rien pendant 25 km. Je m'achète du chocolat blanc, du fromage de chèvre, et une bouteille de gini.

En sortant de l'épicerie, JBJ, qui vient de regarder la météo locale, m'informe qu'ils annoncent de violents orages pour cette nuit et qu'il n'est pas très prudent de rester dehors toute cette nuit. L'épicière, qui écoutait notre conversation, intervient et en rajoute une couche : "c'est suicidaire de rester dehors cette nuit, la région est particulièrement exposée à la foudre…". Les prochaines routes à emprunter traversent d'immenses forêts, évidemment très dangereuses en cas d'orages.

Bon, je continue quand même, mais le moral a été bien refroidi par tout ce que je viens d'entendre.

Je passe le 500e km à 17h38, soit 4 jours 7h 38mn de course et quelques centaines de mètres plus loin, les premières gouttes se font sentir. Le tonnerre gronde au loin. Je suis à Mourioux (km 501) quand l'orage éclate. Je me réfugie sous le porche de l'église en attendant JBJ. JBJ arrive quelques minutes plus tard. Je saute dans sa voiture et lui dit : "J'arrête là pour l'instant. Je vais être papa. Je ne veux prendre aucun risque". Après avoir marqué au sol l'endroit de mon arrêt, JBJ me conduit à Bourganeuf (km 522), afin de chercher un hôtel pour passer la nuit.

Je suis effondré. Je sais que je vais perdre toute l'avance prise jusqu'à maintenant. J'appelle May pour l'informer de la situation. Elle me réconforte et me dit de mettre à profit cet arrêt forcé pour bien récupérer et repartir plus fort demain. Merci ma chérie ! Tu as eu raison et tu as su trouver les mots justes pour me faire repartir. Je t'aime si fort !

Je mange un kebab avec JBJ, Philippe et Hiroko, puis je me couche à 21h00. Je dors d'une traite jusqu'à 7h00 le lendemain matin. Après un bon petit déjeuner composé de 2 croissants, 2 pains au chocolat et un jus d'orange, JBJ me ramène à Mourioux (km 501) où je me suis arrêté 15h00 plus tôt.

Je redémarre à 8h42. Et de suite, je me remets à courir à 8 km/h. les sensations sont très bonnes, la nuit a été réparatrice.

Je passe à Bourganeuf (km 522) à 11h30. Je croise Philippe et Hiroko et je leur demande s'ils peuvent me prendre un kebab pour le repas de ce midi. Ils me rattrapent 1h00 plus tard. Je mange ce kebab en marchant tranquillement, puis je me remets à courir. Je passe à Royère de Vassivière (km 543) vers 15h00. En longeant le lac de Vassivière, je croise de nombreux cyclistes qui s'échauffent pour une course qui aura lieu le lendemain.

Vers 16h00, un camping car s'arrête à ma hauteur et me demande où je vais. C'est Gilbert CODET, qui faisait l'assistance de Patrick BONNOT, mais comme malheureusement Patrick a été contraint de quitter la course pour de tristes raisons familiales, Gilbert a accepté de me faire mon assistance.

L'arrivée de Gilbert a mes côtés est un immense soulagement. Désormais, ma seule préoccupation sera d'avancer le plus vite possible jusqu'à l'arrivée, Gilbert s'occupant de tout le reste.

Je passe à Peyrelevade (km 570), capitale de la Transe Gaule, à 18h00. Je m'arrête quelques minutes chez Pascal DAMBON, un boucher cent-bornard ami de la Transe Gaule qui propose douche et ravitaillement à tous les coureurs et je m'excuse de n'avoir plus besoin de rien depuis l'arrivée de Gilbert.

Je continue à monter jusqu'à Millevaches (km 580), que je traverse vers 19h30. Je demande alors à Gilbert d'avancer de 6 km, et je m'arrêterai à la tombée de la nuit pour prendre un bon repas et me mettre en tenue pour la nuit. Mais 5 mn à peine après que Gilbert soit parti, il commence à pleuvoir. La pluie est glacée, je suis en short/tee-shirt et je n'ai rien pour me protéger de la pluie. Je cours de plus en plus vite, c'est le seul moyen d'éviter l'hypothermie. J'espère que Gilbert va revenir à ma rencontre, mais non, il ne viendra pas, car à l'endroit où il s'est arrêté, il ne pleut pas, l'averse est bien localisée au dessus de ma tête. Je vais me faire rincer par cette pluie glaciale pendant plus de 30 mn.

Quand j'arrive enfin au camping-car, je suis congelé, trempé jusqu'aux os. Je hurle à Gilbert de me donner mon sac avec mes affaires de rechange et je me déshabille intégralement. Ouf, ça va mieux ! Un bon repas finit de me réchauffer. Ce soir, c'est salade de tomate, pâte - steak haché et fromage blanc - compote de pomme.

Je repars vers 22h00, il fait froid, mais la pluie a cessé. Je passe à Meymac (km 592) vers 23h00. Gilbert avance de 5 km en 5 km, ce qui lui permet de se reposer un peu en m'attendant. Quand j'arrive à la hauteur du camping-car, j'ouvre la porte, ce qui réveille Gilbert, je me ravitaille, puis je repars pour 5 km. De plus, Gilbert me flèche au sol les intersections délicates, car JBJ est resté derrière.

La nuit passe ainsi, tranquillement. J'arrive au village de Palisse (km 611) vers 3h00. Je décide de m'arrêter dormir un peu. je dors 1h15 et je repars vers 4h30. Je traverse Neuvic (km 620) vers 6h30, juste avant le lever du jour. Gilbert s'arrête là et attend l'ouverture de la boulangerie pour m'acheter croissant et pain au chocolat. Il me rattrape 1h00 plus tard pour le petit déjeuner. On plonge désormais pendant une dizaine de km sur la Dordogne, dans un décor superbe, mais très humide.

Je franchis le pont sur la Dordogne (km 634) vers 9h00. J'entre dans le Cantal et attaque une longue montée. Après environ 2 km de montée, il se met à pleuvoir fort. Heureusement, cette fois-ci, Gilbert revient à ma rencontre pour m'abriter. Je suis bien mouillé, mais pas complètement trempé et je peux repartir rapidement dès la fin de l'averse. Enfin, cette fois-ci, je repars avec mon k-way à la main.

J'arrive à Mauriac (km 645) vers 11h15. Aujourd'hui, c'est jour de marché et Gilbert a acheté un bon morceau de Salers bio. Je m'arrête pour en déguster un petit bout. A peine je suis monté dans le camping-car qu'il se met à pleuvoir abondamment. Je prends donc mon temps pour déguster mon Salers et puis je dors un peu, le temps que l'averse passe. Je repars tranquillement, en alternant marche/course, en fonction du dénivelé.

Vers 15h00, nouvelle averse, que Gilbert a anticipée, je monte dans le camping-car pour m'abriter et pour manger. Je mange des pâtes au thon, du Salers et du fromage blanc - compote. Je dors encore un peu, en attendant la fin de l'averse, puis je repars.

Je traverse le village de Salers (km 665) avant 16h00. Ensuite, on attaque une bonne descente de 4 km, pentue comme j'aime, et je m'amuse en descendant à près de 12 km/h. En bas de cette descente, nouvelle grosse averse, je m'arrête 2 mn, le temps d'enfiler ma tenue de pluie, puis je repars aussitôt car je voudrais faire un maximum de km avant la nuit.

Je passe à Fontanges (km 670) vers 16h30 et j'attaque la montée vers le point culminant de la course, le col du Légal à 1231 m d'altitude. Je monte en marchant à près de 6 km/h, les km restant avant le sommet sont marqués au sol grâce à une course cycliste passée récemment, et cela me permet de vérifier ma vitesse de marche.

Je passe le col Saint Georges (km 677) vers 18h00 sous un rayon de soleil. Et j'atteins le col du Légal (km 683) vers 19h00 sous une pluie fine, un vent violent et une température glaciale. Je m'arrête le temps d'une photo, puis je plonge aussitôt dans la descente vers Aurillac.

Je passe le col de Bruel (km 688) vers 19h30 et je continue à courir jusqu'à la tombée de la nuit au km 693 où je m'arrête pour le repas du soir. Ce soir, c'est salade de tomate, pâtes - cuisse de poulet et fromage blanc - compote. A la fin du repas, des invités nous rejoignent. C'est JBJ, Hiroko et Christophe MIDELET qui a abandonné et qui conduit désormais le camping-car de JBJ. Ils vont me flécher la traversée de la ville d'Aurillac.

Je repars avant 22h00 sous une pluie fine et glacée et un vent violent qui me renvoie toute la pluie dans le visage. Gilbert m'attend au km 700, que je passe un peu après 23h00, je ne m'arrête pas et continue jusqu'à Aurillac.

J'entre enfin dans Aurillac (km 709) vers 1h00. Je traverse tranquillement Aurillac, je reçois juste quelques gentilles insultes de jeunes sortant des bars et certainement très envieux de mon accoutrement. J'arrive à Arpajon sur Cère (km 715) vers 2h00 et je m'arrête pour dormir.

Je repars après 5h00 sur une large route départementale à grande circulation. Le temps est toujours très froid et humide, ce qui n'est guère motivant. Je passe à Senilhès (km 722) vers 7h00. On quitte la large route départementale et on prend une petite route calme et vallonnée, très sympa. Je passe le village de Prunet (km 727) vers 8h00 et j'aperçois le camping-car de JBJ arrêté au fond d'un vallon. Sur la route, il y a des flèches au sol faites par Gilbert pour indiquer à JBJ dans quelle direction repartir au cas où il ne serait pas bien réveiller. Tout le monde dort, alors je continue discrètement.

J'avance tranquillement jusqu'à Cassaniouze (km 746) où j'arrive vers 11h00. Je passe par le centre ville et retrouve Gilbert qui a trouvé une boulangerie ouverte et me donne croissant et pain au chocolat. A la sortie de Cassaniouze, je retrouve JBJ en train de flécher le parcours. Il me dit que contrairement à ce qui est écrit sur le road book, le passage par le centre ville de Cassaniouze rallonge un peu par rapport à la route D 601 qui évite le village. Ça me fait sourire.

J'attaque une descente calme et boisée de 10 km jusqu'au pont sur le Lot. La pente n'est pas assez prononcée à mon goût, mais je vais quand même faire toute cette descente en courant. Le soleil a fait son apparition depuis quelques km et les paysages sont magnifiques. C'est du bonheur !

Je franchis le pont de Coursary sur Lot (km 757) vers 12h30. Gilbert, ainsi que JBJ, Hiroko et Christophe m'y attendent. Au sol est écrit : "La mer, 243 km". Christophe me lance : "Plus qu'un Spartathlon jusqu'à l'arrivée" !

Je continue, remotivé par le retour du soleil. Je m'arrête à Conques-Faubourg (km 764) vers 14h00 pour manger. Je mange des pâtes au thon, un morceau de Salers et du fromage blanc-compote. Je dors 15 mn, puis je repars.

Je passe à Saint Cyprien sur Dourdou (km 770) vers 16h00. Je remarque que la spécialité du village est la fouace et je demande à Gilbert de m'en acheter une pour goûter. Je traverse Marcillac (km 781) vers 18h00 et attaque une montée sinueuse et dangereuse. Cette route est barrée en semaine pour cause de travaux, mais par chance, il est dimanche soir et Gilbert pourra passer sans encombre. Je monte prudemment et j'arrive en haut de cette montée au km 791, à la tombée de la nuit.

Je m'arrête pour manger. Ce soir, c'est tomate, riz - poisson, Salers et fromage blanc - compote. Je repars vers 10h00. J'appelle May, on discute de tout et de rien, ça fait passer le temps et j'arrive à Rodez (km 799) sans m'en rendre compte.

Je traverse Rodez tranquillement, la ville est calme à cette heure-ci. Je continue jusqu'à Flavin (km 809) où j'arrive vers 1h00 et je m'arrête pour dormir.

Je dors 3 h00, puis je repars tranquillement. Les montées et les descentes se succèdent, ce qui permet de bien me réveiller. Je cours dans toutes les descentes et je marche à un bon rythme dans les montées. Je suis bien plus à l'aise sur ce profil vallonné que sur les longues lignes droites plates du début de course.

Je passe à Trémouilles (km 819) vers 6h00, puis à Canet de Salars (km 829) vers 8h00. Gilbert cherche une boulangerie, mais évidemment le lundi tout est fermé.

Je continue, je traverse le lac de Pareloup (km 833), puis j'arrive à Salles-Curan (km 837) vers 9h30. Gilbert, en cherchant en vain une boulangerie ouverte, retrouve JBJ, Hiroko et Christophe en train de discuter avec Gilles BERTRAND, le directeur de VO2 Run in live, venu faire un reportage sur la course. Pendant ce temps, je continue tranquillement ma route, je passe à Bouloc (km 847), puis je franchis le col de Vernhette (km 849), dernier col du parcours à plus de 1000 m d'altitude (1029m), vers 11h30.

J'entre dans le parc régional des grands Causses, les paysages sont magnifiques. On a une vue imprenable sur le viaduc de Millau pendant plusieurs kilomètres. J'attaque une longue descente de 15 km et 800 D-, que je vais parcourir en à peine plus d'1h30. Je me régale, le soleil brille, c'est que du bonheur !

Je traverse le Tarn, et j'arrive à Saint Rome de Tarn (km 864) vers 13h30 où je m'arrête pour manger. Comme d'habitude, le midi, c'est pâtes au thon, Salers et fromage blanc-compote, seul manque le pain aujourd'hui. Puis je dors 15 mn et je repars.

Je monte en direction de Tiergues, où j'emprunte pendant quelques centaines de mètres le parcours des 100 km de Millau. JBJ marche avec moi une partie de cette montée et il me dit qu'il est impressionné par ma vitesse de marche.

Allez, encore une petite descente, puis je remonte sur Roquefort sur Soulzon (km 879), où j'arrive vers 17h00. Evidemment, j'ai demandé à Gilbert de m'acheter un bon morceau de Roquefort ! Et en plus, il a enfin trouvé du pain (pas très bon, mais on s'en contentera) dans un village à l'écart du parcours de 5 km.

Je continue en montée jusqu'au col des Aiguières (km 882), puis je redescends sur 3 km et je continue ainsi tranquillement jusqu'à Fondamente (km 899) où j'arrive vers 20h15 à la tombée de la nuit et je m'arrête pour manger. Ce soir, c'est salade verte - tomate, pâtes - confit de canard, Roquefort et fromage blanc-compote.

Je repars vers 22h00 et j'appelle May au moment où je passe le km 900. Tout va bien, je sais que c'est ma dernière nuit dehors. Cependant la fatigue commence à se faire sentir. A minuit, je suis au Clapier (km 909) et je m'arrête pour dormir 1h00.

Je repars. Au km 913, j'entre dans le département de l'Hérault et je vois écrit au sol : "Les héros sont dans l'Héraut" (avec la faute d'orthographe). Un peu plus loin, grosse frayeur, un chien sort d'un jardin non clôturé en aboyant. Il va me suivre pendant près d'une centaine de mètres avant de me laisser tranquille.

Je passe à Roqueredonde (km 916) vers 3h00. Encore 3 km de montée et puis c'est bon. Je suis à 820 m d'altitude, et je plonge enfin dans la dernière longue descente de 12 km, qui va me descendre quasiment au niveau de la mer.

Cette descente se fait sur une petite route abîmée, au goudron très irrégulier et il n'est pas très agréable de courir de nuit dans cette descente, surtout avec la fatigue bien présente. Gilbert aussi commence à bien ressentir la fatigue et il a de plus en plus de mal à se réveiller chaque fois que j'ouvre la porte du camping-car pour me ravitailler.

J'arrive à Lodève (km 931) vers 6h00. Gilbert me flèche la traversée de la ville, car JBJ s'est arrêté ici pour dormir. Je repars sur des petites routes tranquilles légèrement vallonnées, qui me rappellent quelques routes varoises. J'avance tranquillement, le jour se lève, tout se passe bien, hormis une ligne droite de 3 km qui longe l'autoroute, très usante moralement.

J'arrive à Clermont l'Hérault (km 953) à 10h00. Je m'arrête pour manger un croissant et un pain au chocolat. Puis je repars. Et là, ça devient beaucoup moins marrant. On retrouve des routes larges à très forte circulation. J'ai vraiment hâte d'être à l'arrivée !

Gilbert fait tamponner une dernière fois mon carnet de pointage dans un centre d'embouteillage. Le patron, qui est coureur à pied, sort pour m'encourager.

Je traverse le Canet (km 959) vers 11h00. A la sortie du Canet, JBJ me rattrape et m'annonce que le second, Laurent BRUEYRE, vient à l'instant de passer le km 900. Je continue prudemment. Je suis très attentif à chaque voiture, à chaque camion que je croise, j'ai tellement peur qu'il m'arrive quelque chose. Je pense beaucoup à May et à notre petite crevette.

Je franchis la dernière bosse avant Sète (km 971). J'aperçois la mer au fond et Gilbert me montre le Mont Saint Clair où est jugée l'arrivée. J'arrive à Villeveyrac (km 975) vers 14h00 et je m'arrête pour manger mes habituelles pâtes au thon. J'appelle May et elle sent bien que je suis fatigué et que j'ai hâte d'en finir.

Je repars rapidement après manger. Je traverse Poussan (km 983) où un journaliste du Midi libre me prend en photo. 3 km plus loin, je traverse un pont au dessus d'une autoroute, il y a un muret de chaque côté de la route, et rien de prévu pour les piétons. C'est un "gros bordel" comme indiqué sur le road book. Je traverse Balaruc le Vieux (km 987) vers 16h30. La circulation est intense, c'est infernal !

Je passe le km 990 à 17h00. J'emprunte une voie cyclable qui me protège un peu de la circulation, mais le bruit est toujours présent, et c'est toujours infernal !! Au km 993, j'aperçois un coureur qui vient à ma rencontre : c'est Fred GALLAIS, un ami varois qui va m'accompagner sur ces derniers kilomètres.

On entre dans Sète (km 994,4). Dernier passage très délicat avec le pont Sadi-Carnot, où rien n'est prévu pour les piétons sur 400m. Gilbert me protège avec le camping-car. Ouf, c'est passé! Je traverse Sète en empruntant des trottoirs envahis de touristes, c'est très pénible, mais ça reste moins dangereux que les voitures.

Enfin, je suis au km 997 au pied du Mont Saint Clair. Yesss !!! Je me mets à courir. JBJ abandonne le fléchage du parcours et monte à mes cotés. La pente est très raide, j'adore, je me croirai à la maison. Je marche un peu pour souffler. J'aperçois Gilbert en haut du Mont St Clair avec l'appareil photo à la main. Je me remets à courir pour la photo.

Je passe au Panoramique du Mont St Clair (km 998,7) à 18h25. Reste plus que 1,4km de descente puis plat. J'attaque la descente à fond, à plus de 15 km/h. JBJ demande à Gilbert de l'amener à l'arrivée en camping car, il ne peut pas me suivre. Fred non plus ne peut pas me suivre. Je finis au sprint, je vole, je suis trop heureux, même si je ne réalise absolument pas que je suis le 1er Mil'Killer.

Je franchis la ligne d'arrivée au Panoramique des Pierres Blanches à 18h31. J'ai parcouru les 1000,1 km entre St Malo et Sète, entre la Manche et la Méditerranée, en 9 jours 8 heures 31 minutes 33 secondes.



1000 Merci à JBJ d'avoir oser nous proposer l'impossible.
1000 Merci à Gilbert pour son assistance de luxe. Et une pensée toute particulière pour Patrick qui aurait du lui aussi être un Mil'killer.
1000 Merci à tous ceux qui m'ont soutenu et encouragé pendant cette Mil'Kil.
1000 Félicitations aux 16 Mil'killers, et aux 7 qui n'ont pas pu aller au bout de l'aventure.
Et surtout 1000 baisers amoureux à ma petite chérie May Yen et à notre petite crevette, à qui je n'ai pas arrêté de penser durant chaque seconde de cette Mil'Kil. Je vous aime mes 2 petites chéries !!!
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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 20:08 (2008) Revenir en haut

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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 21:24 (2008) Répondre en citant Revenir en haut

braaaaaavvvvvvvooooooo!!!!!!!
un immense plaisir de lire ton CR

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COURIR ET ................FINIR!
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pierre
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MessagePosté le: Mer 22 Oct - 08:54 (2008) Répondre en citant Revenir en haut

incroyable ,je suis fatigués juste de lire ,tu mérite bien ton surnom forest ,tu es un robot c'est pas possible imagine ce que tu as fais 1000km en mangean presque normalement des pizza des viennoiseries fromages ect...
c'est du délire

par contre les condition de course c'est vraiment limite ,dangereux attention a l'avenir

j'espère te serai la main un jour champion et la naissance enfin je dis plus rien tu verras a bientôt  Merci Yer Mat

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MessagePosté le: Mer 22 Oct - 11:23 (2008) Répondre en citant Revenir en haut

exceptionnel :) Cool
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MessagePosté le: Jeu 23 Oct - 11:16 (2008) Répondre en citant Revenir en haut

1000 bravos à toi Alex. Et surtout tout plein de bonheur aux heureux futurs parents!!!!

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